Suivi du colloque 2010-2011
2e Édition du colloque« Plan Nord, plans Sud :
Mobilisation Nord-Sud. Mines, barrages et gaz de schiste».
10 et 11 mars 2011, UQAM, Pavillon Hubert-Aquin (A), 1255, rue Saint-Denis, salle A-M050, Montréal
Mise en contexte :
Les mégaprojets de développement comme les projets miniers et gaziers et les barrages obéissent aux politiques économiques néolibérales, alors que les retombées ne bénéficient pas suffisammentaux populations locales mais plutôt aux grandes entreprises transnationales. L’exploitation à outrance des richesses naturelles par les entreprises occasionne d’importantes conséquences pour les communautés locales, souvent autochtones et paysannes, tant au Sud qu’au Nord du continent.
Tout d’abord, elle provoque très souvent le déplacement forcé des populations, entraînant la précarisation des conditions de vie des communautés. De surcroît, l’exploitation des richessesnaturelles est souvent associée à la violation des droits territoriaux et à des enjeux liés à l’autodétermination des communautés (démocratie locale, utilisation du territoire, utilisation de la terre et de ses ressources). De plus, cette agression du développement provoque destruction et dégradation de l’environnement et affecte l’identité culturelle garante de laviedes populations locales autochtones ou paysannes. Les femmes, de par leur rôle en société traditionnelle au sein de ces différentes communautés, sont alors souvent les premières qui sont affectées et qui prennent connaissance des effets néfastes pour leur milieu et pour les générations futures. On assiste également à un accroissement de la violence, tant au niveau étatique (actes de violence commis par les forces de l’ordre, militarisation ou para-militarisation des régions affectées) que privé (investisseurs privés qui protègent leurs intérêts économiques, notamment par le biais de milices privées).
Lors de sa première édition, le colloque « Plan Nord, plans Sud : mêmes menaces- Mines et barrages hydroélectriques dans les Amériques » a su présenter les enjeux liés au processus de mise en place des projets de développement desquels découlent les répercussions sociales et environnementales néfastes sur les populations locales de divers milieux dans les Amériques. Cette 2ème édition porte particulièrement sur le processus de mobilisation sociale dans ce contexte et explore des pistes de solution et des stratégies d’action concrètes mises en place afin d’envisager des alternatives au modèle de développement en vigueur en solidarité avec les mouvements sociaux et communautés en résistance devant ce type de développement.
Dans ce contexte, il est important de créer des espaces de rencontre, de débat et de réflexion afin donner la parole aux citoyenNEs, chercheurEs, étudiantEs, représentantEs de mouvements et d'organismes environnementaux, communautaires et autochtones qui luttent pour leurs droits culturels, socio-économiques et environnementaux. Le contact entre les différents acteurs, d’ici et du Sud, permettent de créer et de renforcer les réseaux de solidarité entre les populations affectées par ces projets dans le continent, d’enrichir et de consolider le processus de mobilisation face aux mégaprojets ayant engendré ou engendrant encore des impacts socio-environnementaux, parfois irréversibles.
La conférence d’ouverture du colloque permettra d’aborder d’un point de vue global divers enjeux socio-écologiques et de développement qui sont soulevés dans le contexte d’exploitation des richesses naturelles. Le premier panel se centrera sur les luttes juridiques et de défense des droits par les communautés affectées ainsi que divers mécanismes légaux privilégiés dans ce contexte. Le deuxième panel abordera des stratégies de mobilisation sociale qui sont mises de l’avant dans des contextes de conflits socio-écologiques, notamment dans des contextes d’implantation de projets miniers, de gaz de schiste, de foresterie et de barrages. Finalement, le troisième panel présentera différentes perspectives de lutte -notamment celles des femmes et des communautés autochtones- par des acteurs associés à différentes communautés directement affectées par les impacts des mégaprojets d’exploitation des richesses naturelles.


